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Bientôt le E-Voucher au Niger : pour une distribution transparente des intrants aux producteurs

Le Niger à l’école de l’expérience Malienne

Une délégation conduite par le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, composée des cadres dudit ministère, des responsables de trois entreprises semencières (AINOMA, HUSA’A et FESA), d’un cadre de l’Unité de Coordination du Projet (UCP/PPAAO-Niger) et du responsable de la NOVOTECH, a effectué un voyage d’étude à Bamako au Mali du 28 Janvier au 4 Février 2017.

Ce voyage d’études financé par le PPAAO-WAAPP-Niger a permis de mieux connaitre l’outil de distribution électronique des subventions appelé E-Voucher en anglais. Le PPAAO/WAAPP-Mali a expérimenté cette technologie au cours de la campagne agricole 2016 dans la zone nord du Mali (Mopti, Tombouctou et Gao) qui venait juste de sortir de conflit. E-Voucher est actuellement en cours d’exécution pour les cultures irriguées 2016-2017 dans trois communes du département de Ségou.

Le SGA du MAG/EL a expliqué le but et les attentes de la mission. Puis, M. Samba Niambélé, spécialiste d’E-Voucher au PPAAO/WAAPP-Mali, gérant de la base de données a longuement expliqué les différents contours théoriques de la plateforme E-Voucher/E-Subvention, suivis de plusieurs exemples concrets et même des difficultés rencontrées au cours de la mise en œuvre.

La délégation se rend ensuite à Niono (région de Ségou) à 400 km environ de Bamako dans la zone de l’Office, zone agricole par excellence. Objectif : observer la mise en œuvre du processus de distribution des intrants par l’entreprise de la plateforme E-Voucher et ainsi appréhender les difficultés rencontrées. C’est ainsi que des producteurs venant retirer leur intrant grâce au message qui leur a été envoyé par la base de données de la plateforme électronique E-Voucher ont été observés sur deux sites où elle a suivit le processus de distribution des intrants (semences et engrais subventionnés). Le producteur se rend chez le fournisseur indiqué par un sms envoyé par le serveur au niveau du chef lieu de sa commune. A son arrivée, il remet son téléphone aux 2 membres de la commission chargée du contrôle et du suivi de la subvention. Après vérification du message, ils remettent le téléphone du producteur au fournisseur qui demande la validation du bon à la plateforme. Celle-ci valide le bon par l’envoi d’un message sur le téléphone du fournisseur l’autorisant à livrer les intrants au producteur. Le producteur servi, confirme à la plateforme la réception des intrants (type et quantité). La plateforme répond au producteur en lui disant merci pour boucler le processus. Le fournisseur est aussi de ce fait rassuré qu’il sera payé par le projet.

La mission s’achève par une séance de restitution avec la partie Malienne en présence du Dr. Abdoulaye Touré, TTL des projets PPAAO et du Dr. Aly Kouriba, Secrétaire Exécutif du CNRA et coordonnateur du PPAAO/WAAPP-Mali. Ensuite la mission accompagnée de Mme Cissé Oumou Traoré, coordonnatrice adjointe du CNRA, s’est rendue au Ministère de l’Agriculture pour une visite de courtoisie aux Autorités.

Qu’est-ce que le E-Voucher ?

Le système E-Voucher n’est autre qu’uneplateforme électronique créée pour un meilleur suivi et une gestion transparente et traçable des ressources affectées aux producteurs agricoles, notamment les intrants (semences et engrais). C’est donc une distribution électronique d’intrants (semences, engrais, matériels et équipements agricoles/pêche, animaux, aliments bétails, motopompes) aux producteurs agricoles/éleveurs/pêcheurs sélectionnés, par l’utilisation du téléphone portable.

Le système fonctionne sur la base de trois éléments fondamentaux : une base de données des producteurs ; un répertoire des fournisseurs d’intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques ; une plateforme électronique composée d’un serveur, d’un site web et de téléphones portables permettant la mise en relation des bénéficiaires des subventions et les fournisseurs d’intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques ;

Ce modèle innovant permet de surmonter les problèmes inhérents à la distribution classique d’intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques. Il a pour avantage de : cibler les producteurs bénéficiaires des subventions ; s’assurer que les intrants distribués sont bel et bien reçus par les bénéficiaires ; s’assurer que les subventions servent effectivement à payer les intrants livrés et reçus par les bénéficiaires ; mettre en adéquation les superficies des ménages bénéficiaires avec les quantités d’intrants distribués ; éviter les retards dans la livraison des intrants.

Le E-Voucher pourquoi faire ?

La mise en place de la plateforme E-Voucher est apparue nécessaire suite aux difficultés rencontrées dans la distribution classique des intrants. Il s’agit notamment de la non adéquation des quantités d’intrants distribués avec les superficies des ménages bénéficiaires ; du manque de transparence et de traçabilité dans la distribution des intrants ayant même conduit plusieurs agents techniques, les autorités communales et des fournisseurs en prison; le retard et la difficulté d’acheminement des intrants auprès des bénéficiaires ; la perte d’investissements colossaux pour l’Etat. Pour la seule campagne agricole d’hivernage 2016-2017 le Gouvernement Malien a injecté quelques 47 milliards de FCFA de subvention.

Pour trouver des solutions aux problèmes ci-dessous évoqués, le Gouvernement Malien par l’entremise du PPAAO/Mali a approché la Banque Mondiale pour la conduite d’un test de l’innovation E-Voucher/E-Subvention. Cette technologie est déjà testée avec succès dans d’autres pays du WAAPP, à l’exemple du Ghana, du Sénégal, de la Gambie, du Nigéria ; elle a aussi été testée avec succès aux Etats Unis et au Kenya.

Au Mali il était prévu de couvrir pendant la campagne agricole d’hivernage 2016 trois cercles (départements) où 36 000 producteurs dont 6 600 femmes (soit 18,37%) vont bénéficier de la subvention, constituée de kits d’engrais, de semences certifiées et de motopompes.

Par exemple le sac d’engrais de 50 kg qui coûte 13 000 FCFA est subventionné à 50% ; le producteur bénéficiaire de la subvention paye à la livraison 6 500 FCFA et les 50% restants seront payés au fournisseur à la fin ou au cours de l’opération selon l’option convenue d’accord parties.

Il y a lieu de signaler que ce système est en perpétuelle construction ; les nombreuses insuffisances constatées lors du test en 2015 et 2016 ont été prises en charge et seront corrigées en 2017.

Exigences du système de distribution de la subvention E-Voucher:

L’innovation E-Voucher comporte des exigences ou des préalables à remplir qui garantissent sa réussite, au nombre desquels on retient les points suivants : obtenir l’engagement politique formel du Gouvernement à porter le test et à étendre l’expérience à tout le pays si les résultats s’avèrent concluants. Cela suppose que la signature des Ministres en charge de l’Agriculture, de l’Elevage, de l’Environnement, de la Pêche et des Finances est nécessaire; disponibilité d’un manuel de procédure de gestion des intrants qui prend en compte le E-Voucher (Bon électronique) ; nécessité de sécuriser le site et l’accès à la plateforme des différentes structures (trésor public, DGA, Contrôleur financier, enquêteurs…) afin de sécuriser le système et d’éviter d’éventuelles fraudes; appuyer la DGA pour renforcer ses capacités (locomotion, personnel, fonctionnement…) afin qu’elles puissent avec d’autres structures assurer la continuité de l’opération ; exiger aux sociétés de téléphonie mobile de réserver un serveur pour protéger le système des nombreuses publicités de promotion qui ralentissent l’opération et qui dérangent les bénéficiaires; disposer de réseau à l’échelle du pays ou des zones ciblées et de disposer d’un numéro court dans leur réseau ; harmoniser le système pour une enquête unique qui prendrait en compte les intérêts des différents acteurs dans la collecte des données en milieu rural ; il y’a alors nécessité que l’Institut National des Statistiques (INS) soit le maître d’œuvre de la collecte des données ; disponibilité d’un plan de communication en vue d’une meilleure sensibilisation et information des différents acteurs notamment les producteurs et les fournisseurs dans le cadre de la collecte des données. Large utilisation des radios communautaires, des télévisions et radios des zones cibles.

Mot du Coordonnateur

Gouro

Pr. Abdoulaye Soumana GOURO

coraf

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