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LE LAIT COMME MOYEN D’AUTONOMISATION DES FEMMES A TOGONE (DOUTCHI)

La vente du lait frais constitue un excellent moyen pour l’autonomisation des femmes du village de Togone dans le département de Doutchi (région de Dosso). La majorité des femmes de ce village pratiquent le petit élevage de case avec deux ou trois vaches laitières par femme.

Togone qui compte quelques centaines d’âmes est situé à une dizaine de kilomètres au nord de la ville de Doutchi, le chef lieu du département du même nom. C’est un des principaux points de collecte et de ravitaillement en lait du Centre de l’Union Tchippal de Doutchi. Les femmes de ce village sont organisées en plusieurs groupements de base dont l’activité principale est la production et la vente de lait. Hadiza Bozari, est la présidente d’un de ces groupements. Il y a quelques années encore, nous confie-t-elle, bien avant la mise en place du dispositif de collecte du lait frais, grâce à l’appui du PPAAO-Niger et des partenaires de l’Union Tchippal ; dans le meilleur des cas, le lait était caillé puis acheminé à Doutchi pour la vente. Même si Doutchi est reconnu pour être une zone de consommation du « foura » (bouillie locale généralement à base de mil, très prisée au Niger) dont l’indispensable accompagnement est le lait caillé, malheureusement, il y a toujours une importante quantité d’invendus. Il est soit placé à crédit chez les vendeuses de « foura », ou bien ramené à la maison et parfois même déversé dans la nature pour éviter sa décomposition. Mais aujourd’hui grâce au dispositif de collecte de lait mis en place par l’Union Tchippal, la production est totalement rachetée. Chaque litre de lait frais est vendu à 500F aux collecteurs qui les revendent à 600F à l’Union Tchippal. Et grâce à cette vente de lait, Hadiza Bozari et ses collègues financent certaines charges de la famille : scolarisation des enfants, soin des membres de la famille, mariage des enfants, baptême et autres. La vingtaine de femmes de Togone qui produisent le lait se sont organisées pour me mettre en place une tontine hebdomadaire. Chaque jour, chaque femme verse 500F représentant le prix d’1 litre de lait frais. Après une semaine, la coquette somme ainsi collectée (500F x 20 femmes x 7 jours = 70 000FCFA) est remise à l’une d’entre elle qui utilise une partie pour les besoins immédiats de la famille et une autre partie pour s’acheter des petits ruminants destinés à l’embouche et qui sont par la suite revendus avec une très belle marge bénéficiaire. Toutes sont unanimes à dire que grâce au mécanisme de collecte de lait mis en place par l’Union Tchippal avec l’appui du PPAAO-Niger, leur situation s’est nettement améliorée. Les femmes du village de Togone sont engagées dans la voie de leur autonomisation.

Les motos taxis comme moyens de collecte de lait

Le point de vente de l’Union Tchippal est alimenté en lait par des productrices des 12 campements de la commune de Doutchi. Le lait est collecté par des jeunes conducteurs de taxis motos qui sillonnent tous les campements. Le lait ainsi collecté est transformé par ces femmes qui le pasteurisent et produisent du yaourt, du fromage et du beurre local de vache. Ces transformatrices ont reçu des formations notamment en hygiène et transformation des produits laitiers (yaourt, fromage) à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Il a une capacité de conservation et de transformation de 1000 litres de lait par jour. Malgré tous ces efforts, ces femmes peinent à bénéficier de l’appui financier des institutions de micro-finance (IMF) qui ne veulent prendre aucun risque, parce que le lait est considéré comme étant un produit facilement périssable.

Le Centre de l’Union Tchippal constitue un bel exemple pour l’autonomisation des femmes à travers un partenariat bénéfique à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur lait à savoir : les productrices du lait frais, les jeunes conducteurs de taxi moto qui procèdent à la collecte du lait frais dans les différents campements, le centre de l’Union Tchippal qui transforme et commercialise le lait, les producteurs d’aliments bétails, les consommateurs des produits laitiers, etc. Pour garantir la régularité de la production du lait frais, l’éleveur doit faire face à diverses charges et consacrer un temps précieux pour alimenter, abreuver, traire et prendre soin de ses animaux. Pour la prise en compte de ces efforts, l’Union Tchippal à travers les jeunes collecteurs achètent le litre de lait frais à 500 FCFA dans le campement. Ce qui évite à la productrice le déplacement pour se rendre en ville et vendre son lait à vil prix. Bref, l’éleveur gagne doublement : en temps et en argent. Le circuit de collecte mis en place réduit la pénibilité du travail. Ainsi, pour motiver les jeunes collecteurs de lait, ils sont rémunérés à 100F par litre collecté et ils ont une moyenne de 100 litres/jour en haute saison, soit une recette de 10 000F/jour. Pour satisfaire leur clientèle, les unions ont diversifié les gammes de produit et s’en sortent merveilleusement car le litre de lait frais payé à 600 FCFA est vendu à 800 FCFA après pasteurisation. Le yaourt est vendu à 1000FCFA le litre.   

Afin de garantir la disponibilité du lait, les productrices ont sollicité la pratique de l’insémination artificielle par le croisement avec des laitières confirmées, et souhaiter un accompagnement en cultures fourragères et une banque d’aliments bétails.

Mot du Coordonnateur

Gouro

Pr. Abdoulaye Soumana GOURO

coraf

Ecowas

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